Stephanie Viet, psy, enfant, jeu, Caen, salle de thérapie

Crises de colère de l’enfant : décrypter, accompagner, apaiser

Votre enfant explose de colère, crie, pleure ou semble perdre totalement le contrôle ? Ces moments peuvent être éprouvants et laisser les parents démunis. Comprendre ce qui se joue dans le cerveau et les émotions de l’enfant permet de porter un autre regard sur ces crises, de mieux y répondre au quotidien et de savoir quand un accompagnement peut être bénéfique.

Les crises de colère font partie des motifs de consultation les plus fréquents chez les parents. Cris, pleurs, opposition intense, gestes parfois débordants… Ces moments peuvent être déroutants, épuisants, et susciter de nombreuses questions : Est-ce normal ? Est-ce que je fais bien ? Mon enfant essaie-t-il de me provoquer ?

En tant que psychopraticienne à Caen (Normandie), spécialiste de l’accompagnement de l’enfant par le jeu, je rencontre très régulièrement des familles confrontées à ces situations. Par cet article je vous aide à mieux comprendre les colères de votre enfant, à identifier quand un accompagnement peut être utile, et à découvrir en quoi l’Accompagnement par le Jeu peut être particulièrement adaptée.

Les colères de l’enfant : un langage émotionnel

Contrairement à une idée reçue, la colère de l’enfant n’est pas un caprice ni une manipulation. Elle est avant tout un mode d’expression émotionnelle, particulièrement chez le jeune enfant.

Plus les enfants sont petits, plus leurs émotions sont intenses, envahissantes et difficiles à contenir. 

Lorsqu’une émotion devient trop forte – frustration, peur, fatigue, sentiment d’injustice – l’enfant peut être submergé par ce que l’on appelle une tempête émotionnelle. À ce moment-là, il perd le contrôle de lui-même : son corps et ses émotions prennent le dessus sur sa capacité à réfléchir ou à se maîtriser.

La colère dit souvent : « c’est trop pour moi ».

Un cerveau encore immature face aux émotions

Chez l’enfant, le cerveau est encore en cours de maturation. Les zones impliquées dans la régulation des émotions, en particulier le cortex préfrontal, ne disposent pas encore de toutes les capacités nécessaires pour freiner et apaiser les réactions émotionnelles.

Siège des fonctions d’inhibition, de contrôle et de régulation émotionnelle, le cortex préfrontal se construit progressivement et poursuit son développement jusqu’au début de l’âge adulte.

Concrètement, cela signifie que l’enfant n’a pas encore les ressources neurologiques pour réguler seul ses émotions et ses comportements. Plus il grandit, plus son cerveau mature, et plus il devient capable de contenir, nuancer et apaiser ce qu’il ressent. Avec le temps, les émotions deviennent généralement moins explosives.

Il est donc essentiel de comprendre que, lorsque votre enfant explose de colère, de peur ou de tristesse, il ne le fait pas exprès. Ce n’est ni un caprice, ni une provocation, encore moins une volonté de vous mettre en difficulté ou de gâcher votre quotidien. Il subit cette décharge émotionnelle autant que vous, parfois même davantage.

Dans ces moments-là, lui demander de se calmer est souvent inefficace. Non pas par mauvaise volonté, mais parce que son cerveau, encore immature, ne lui permet pas d’y parvenir immédiatement. Il a avant tout besoin d’un adulte contenant, présent et sécurisant, capable de l’aider à traverser la tempête.

À quels âges les colères sont-elles fréquentes ?

Les crises de colère sont particulièrement courantes :

  • entre 2 et 5 ans, période clé du développement émotionnel
  • lors des grandes étapes de séparation (entrée en crèche, à l’école)
  • lors de changements de vie : déménagement, séparation parentale, naissance d’un frère ou d’une sœur

Elles peuvent aussi réapparaître plus tard, notamment chez l’enfant scolarisé, lorsque les exigences extérieures augmentent.

Quand les colères deviennent-elles préoccupantes ?

Certaines colères sont développementales et transitoires. Toutefois, un accompagnement peut être pertinent lorsque :

  • les crises sont très fréquentes ou très intenses
  • elles durent longtemps et semblent incontrôlables
  • l’enfant a du mal à revenir au calme
  • la colère s’accompagne de repli, de tristesse ou d’angoisse
  • le climat familial devient tendu, avec un sentiment d’impuissance parentale

De nombreux parents consultent à ce moment-là, parce qu’ils se sentent démunis et souhaitent mieux comprendre et aider leur enfant mais aussi ramener sérénité et harmonie dans la vie familiale.

Ce qui peut amplifier les colères

Plusieurs facteurs peuvent intensifier les crises :

  • fatigue ou surcharge sensorielle
  • difficultés à exprimer ses émotions par les mots
  • sentiment d’insécurité intérieure
  • attentes trop élevées par rapport à l’âge de l’enfant
  • tensions familiales ou changements récents

Chaque enfant réagit avec son propre tempérament et son histoire. Il n’existe pas de réponse unique, mais une lecture fine et individualisée est essentielle.

Comment aider son enfant au quotidien ?

Voici quelques repères aidants pour les parents :

  • Accueillir l’émotion, sans forcément valider le comportement
  • Mettre des mots simples sur ce que l’enfant semble vivre
  • Maintenir un cadre sécurisant et cohérent
  • Proposer des temps de retour au calme adaptés à l’âge
  • Se rappeler qu’un enfant en crise n’est pas disponible pour raisonner

Malgré tout, certaines colères persistent. Cela ne signifie pas que vous n’avez pas les bons outils, mais parfois que l’enfant a besoin d’un espace à lui, neutre et professionnel différent du cadre familial.

L’intérêt de l’Accompagnement par le Jeu pour les colères

Dans l’Accompagnement de l’enfant par le Jeu, le jeu devient le langage principal. L’enfant peut y exprimer ce qu’il ne parvient pas encore à dire avec des mots.

À travers le jeu :

  • l’enfant met en scène ses émotions
  • il explore ses tensions internes en toute sécurité
  • il expérimente de nouvelles façons d’entrer en relation
  • il retrouve un sentiment de contrôle et de confiance

Le cadre thérapeutique offre une relation chaleureuse et contenante permettant à l’enfant de déposer, en sécurité, ce qui déborde ailleurs.

Les colères ne sont alors plus considérées comme un problème à faire disparaître, mais comme un signal à écouter, ouvrant la voie à un apaisement durable.

Quelle est la place des parents dans cet accompagnement ?

Les parents sont des partenaires essentiels du suivi. Des temps d’échange réguliers permettent de :

  • mieux comprendre ce que vit l’enfant
  • ajuster les réponses éducatives
  • soutenir la relation parent-enfant

L’objectif n’est jamais de juger, mais de coopérer dans l’intérêt de l’enfant.

À retenir – Les colères chez le jeune enfant
  • Plus un enfant est petit, plus ses émotions sont intenses.
  • Son cerveau, et notamment le cortex préfrontal, n’est pas encore mature pour réguler seul ses émotions.
  • Lors d’une tempête émotionnelle, l’enfant perd le contrôle de lui-même : il ne fait pas exprès. Ce n’est ni un caprice, ni une provocation, ni un manque de bonne volonté.
  • Lui demander de se calmer est souvent inefficace sur le moment.
  • Avec le temps, la maturation cérébrale permet une meilleure régulation émotionnelle.
  • Le parent joue un rôle essentiel de soutien et de contenant.
  • l’Accompagnement par le Jeu, une approche efficace pour apaiser et dépasser les crises de colère.

En résumé :

Les crises de colère de l’enfant sont fréquentes et souvent normales. Lorsqu’elles deviennent envahissantes, un accompagnement adapté peut aider l’enfant à mieux réguler ses émotions et les parents à retrouver de la sérénité.

Vous êtes parents et habitez à Caen ou en Normandie ?

Si votre enfant traverse des colères intenses ou répétées, et que vous ressentez le besoin d’être accompagné(e), rencontrons-nous.

Téléphone : 06 86 27 30 60
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