Rentrée scolaire : quand l’école devient source d’angoisse pour l’enfant ?

La rentrée scolaire est un moment particulier pour les enfants comme pour leurs parents. Après plusieurs semaines de vacances, il faut retrouver un rythme, se lever plus tôt, reprendre les habitudes et parfois découvrir une nouvelle école, une nouvelle classe ou un nouvel enseignant.

Pour certains enfants, cette transition se fait facilement. Pour d’autres, la rentrée provoque des pleurs, de l’angoisse, des difficultés de séparation ou une véritable peur d’aller à l’école.

Alors, comment comprendre ces réactions ? Que peut-on faire pour aider son enfant ? Et à partir de quand est-il préférable de consulter ?


Pourquoi la rentrée peut-elle être source d’angoisse ?

Même lorsqu’elle est attendue avec impatience, la rentrée représente un changement. Or, les enfants n’ont pas tous la même capacité à faire face aux transitions et à l’inconnu. L’enfant peut être inquiet à l’idée de :

  • quitter ses parents le matin ;
  • retrouver l’école après plusieurs semaines d’absence ;
  • entrer dans une nouvelle classe ;
  • rencontrer un nouvel enseignant ;
  • ne pas savoir avec qui jouer ;
  • devoir faire face à de nouvelles attentes ;
  • ne pas réussir ou avoir peur de se tromper ;
  • être séparé de ses parents pendant plusieurs heures.

Chez certains enfants, l’angoisse de l’école ne se manifeste pas directement par des mots. Elle peut apparaître sous la forme de maux de ventre, difficultés d’endormissement, fatigue, irritabilité, pleurs, colère ou besoin accru de proximité avec les parents.

Un enfant peut ainsi dire « je ne veux pas aller à l’école » sans nécessairement être capable d’expliquer précisément ce qui lui fait peur.


Les pleurs au moment de partir : faut-il s’inquiéter ?

Les pleurs au moment de la séparation peuvent être impressionnants pour les parents, mais ils ne signifient pas nécessairement que l’enfant va mal à l’école.

Certains enfants pleurent au moment où leurs parents partent, puis retrouvent rapidement leur classe et leurs activités. Dans ce cas, la séparation est difficile, mais l’enfant parvient progressivement à s’apaiser.

Idéalement, mais ça n’est pas toujours simple, il convient de rester calme, rassurant et prévisible au moment du départ. Un rituel court et toujours similaire peut sécuriser l’enfant : un câlin, quelques mots, puis le départ.

À l’inverse, prolonger indéfiniment les adieux ou revenir plusieurs fois après être parti peut parfois renforcer l’inquiétude.

L’objectif n’est pas de faire disparaître les émotions de l’enfant, mais de lui permettre de découvrir progressivement qu’il peut vivre la séparation, traverser son inquiétude et retrouver son parent ensuite.


Quand la séparation devient-elle particulièrement difficile ?

Pour certains enfants, la difficulté ne se limite pas aux quelques minutes qui précèdent l’entrée en classe. L’enfant peut :

  • pleurer longtemps avant l’école ;
  • demander à ne pas y aller chaque matin ;
  • avoir mal au ventre ou à la tête de façon répétée ;
  • présenter des troubles du sommeil ;
  • devenir particulièrement irritable ou opposant ;
  • s’accrocher physiquement fortement à ses parents ;
  • paniquer au moment de la séparation ;
  • refuser progressivement d’aller à l’école.

Il est alors intéressant de chercher à comprendre ce que l’école représente pour lui.

Derrière une difficulté de séparation peuvent se trouver des réalités très différentes : peur de quitter ses parents, peur de grandir, manque de confiance en soi, inquiétude face aux autres enfants, peur de l’échec, difficulté à trouver sa place dans le groupe, événement vécu à l’école ou simplement difficulté importante face au changement.

Les difficultés ou pleurs du matin ne racontent donc pas toujours la même chose : pour aider l’enfant, il est essentiel de comprendre ce qui se cache derrière sa difficulté à se séparer.


La première rentrée scolaire : une étape particulière

La première rentrée en maternelle constitue une étape importante dans la vie de l’enfant. Et dans celle des parents !

Pour la première fois, il va être séparé de ses parents dans un environnement collectif, inconnu, bruyant pendant plusieurs heures. Il découvre de nouvelles règles, de nouveaux adultes, d’autres enfants et un fonctionnement très différent de celui de la maison, de chez la nounou ou de la crèche.

Il est donc tout à fait normal que cette première séparation suscite des émotions.

Certains enfants vont entrer dans la classe avec enthousiasme. D’autres vont pleurer, s’accrocher à leur parent ou avoir besoin de davantage de temps.

Il n’est pas nécessaire que l’enfant soit parfaitement « prêt » pour faire sa première rentrée. Il ne l’est d’ailleurs jamais complétement. Il va apprendre progressivement à être séparé, à faire confiance à d’autres adultes et à trouver sa place à l’école.

Les parents peuvent l’aider en parlant de l’école simplement, sans multiplier les questions ou les inquiétudes : raconter comment se déroule une journée, préparer ensemble les affaires, repérer le chemin de l’école et installer quelques petits rituels peuvent contribuer à rendre cette nouveauté plus prévisible.

L’enfant peut aussi être sensible aux inquiétudes qu’il perçoit chez ses parents. Sans le vouloir, certaines questions peuvent parfois renforcer leur inquiétude. Plutôt que d’anticiper les pleurs ou les difficultés (« tu ne vas pas pleurer, hein ? »), il peut être plus sécurisant de montrer que l’on a confiance dans sa capacité à vivre cette nouvelle étape.


Et si mon enfant pleure encore plusieurs semaines après la rentrée ?

Chaque enfant a son propre rythme d’adaptation.

Des pleurs peuvent persister quelque temps, notamment lorsque l’enfant vit une période de changements importants. Ce qui compte est davantage l’évolution de la situation que le nombre exact de jours pendant lesquels l’enfant pleure.

Un enfant qui pleure mais qui, progressivement, s’apaise plus vite, participe davantage à la vie de la classe et retrouve du plaisir à l’école est généralement en train de s’adapter.

En revanche, si l’angoisse reste très importante, s’intensifie ou commence à avoir des répercussions sur le sommeil, l’alimentation, les relations ou la vie familiale, il peut être intéressant de ne pas attendre que la situation s’installe.


Que peut-on faire pour aider un enfant anxieux face à l’école ?

Quelques attitudes peuvent être particulièrement aidantes.

Accueillir son émotion sans renforcer sa peur :

« Je vois que tu as peur de me quitter ce matin. C’est difficile pour toi. Je vais t’accompagner et ta maîtresse sera là pour t’accueillir. »

L’enfant entend ainsi que son émotion est reconnue, tout en percevant que l’adulte reste confiant dans sa capacité à traverser cette situation.

Éviter les longues négociations :

Lorsque chaque matin devient une discussion autour de la possibilité d’aller ou non à l’école, l’anxiété peut progressivement prendre beaucoup de place.

Installer des repères :

Les petits rituels du matin, les horaires réguliers et une organisation prévisible peuvent aider l’enfant à se sentir davantage en sécurité.

Écouter sans chercher immédiatement une solution :

Les enfants ne disposent pas toujours des mots nécessaires pour décrire leurs émotions. Le dessin, le jeu ou les histoires qu’ils inventent peuvent alors devenir des moyens privilégiés pour exprimer ce qui les préoccupe.

Et parfois, ce qui semble être une simple « peur de l’école » mérite d’être exploré plus attentivement.


Quand consulter ?

Il n’est pas nécessaire d’attendre que l’enfant refuse complètement d’aller à l’école pour demander de l’aide.

Une consultation peut être envisagée lorsque :

  • les pleurs et l’angoisse sont très importants ou persistent ;
  • la séparation devient extrêmement difficile ;
  • l’enfant présente régulièrement des symptômes physiques avant l’école ;
  • les troubles du sommeil apparaissent ou s’aggravent ;
  • l’enfant perd confiance en lui ;
  • le refus scolaire s’installe ;
  • les difficultés ont un impact important sur la vie familiale ;
  • les parents se sentent démunis et ne savent plus comment accompagner leur enfant.

Consulter ne signifie pas nécessairement qu’il existe un problème important ou durable. Cela peut simplement permettre de mieux comprendre ce que vit l’enfant et de l’aider avant que l’angoisse ne s’installe davantage.

Le jeu pour aider l’enfant à exprimer et traiter ses difficultés

Chez le jeune enfant, les émotions ne passent pas toujours facilement par les mots.

Le jeu peut alors devenir un véritable moyen d’expression. À travers des personnages, des figurines, des constructions, des dessins ou des mises en scène, l’enfant peut rejouer une séparation, une rentrée, une situation vécue à l’école ou une peur qu’il ne parvient pas encore à raconter directement.

Dans le cadre de l’accompagnement professionnel de l’enfant par le jeu, l’observation de la manière dont l’enfant joue, construit son histoire, fait évoluer les personnages, répète certaines situations permet de mieux comprendre ce qu’il cherche à exprimer. Soutenu efficacement il traite ses difficultés et mobilise ses ressources internes pour trouver progressivement ses propres solutions et s’adapter.

Le jeu permet ainsi de respecter le rythme de l’enfant et de partir de son univers pour mieux comprendre et accompagner ce qu’il traverse.


Une rentrée difficile n’est pas forcément le signe que quelque chose ne va pas

La rentrée scolaire est une période de transition. Elle peut faire émerger des émotions fortes, parfois surprenantes, sans que cela signifie nécessairement que l’enfant présente un trouble.

L’enjeu est surtout de pouvoir écouter ce qui est présent derrière les pleurs, la peur ou le refus, tout en aidant progressivement l’enfant à retrouver un sentiment de sécurité et de confiance.

Et parfois, derrière un simple « je ne veux pas aller à l’école », se trouve une inquiétude qui mérite simplement d’être entendue.

Vous êtes parents et habitez à Caen ou en Normandie ?

Si votre enfant est anxieux à l’approche de la rentrée, redoute la séparation, refuse d’aller à l’école ou rencontre des difficultés à trouver ses repères, une rencontre peut permettre de mieux comprendre ce qu’il traverse et d’envisager un accompagnement adapté à ses besoins.

Téléphone : 06 86 27 30 60
Prise de rendez-vous : par téléphone ou via Resalib
Séances du lundi au samedi

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